Une nouvelle discipline artistique tend à s'imposer de plus en plus dans l'univers de la nuit et est en passe de devenir le complément visuel indispensable aux sets des Dj's. Le Vjing est l'art subtil d'habiller visuellement de la musique ou un spectacle en projetant des images et des vidéos en rythme avec la performance qu'il accompagne. Le Vj est donc à la fois un technicien mais aussi un artiste puisqu'il est un peu le “musicien des images”…
Il existe différents types de Vjing. Le Vj qui mixe au moins deux sources vidéos (pas forcement de sa création) tel un Dj, le vidéaste, qui crée ses propres séquences vidéos et dont le travail est plus apprécié pour la création artistique des visuels que pour leur mix et enfin le Vj en live act. Et ils sont de plus en plus nombreux à animer vos nuits aussi bien en club qu'en soirée plus underground. Le Vjing a véritablement commencé avec l'émergence des supports vidéos et il est logiquement lié aux avancées
technologiques et à leur accessibilité. Au départ, le Vjing était plus un bidouillage entre plusieurs projecteurs de diapositives, en 16mm ou super 8. A l'époque, l'installation tenait de la prouesse technique et se prêtait peu au style de vie nomade des Vj's d'aujourd'hui. Tout a changé lorsque le magnétoscope est arrivé sur le marché ! Il a révolutionné la consommation d'images des foyers mais il a aussi rendu possible une autre pratique du Vjing.
Les Vj's peuvent s'installer des mini-studios pour créer leurs propres images et les mixer ensemble. Bien sûr, tout cela reste encore très rudimentaire puisque le nombre de câbles et de magnétoscopes nécessaires rend le déplacement du matériel très difficile... Heureusement, le PC est arrivé et a fait exploser la pratique du Vjing. Il est désormais possible de créer ses vidéos grâce à des stations de montage ou mixage virtuel et surtout de stocker numériquement toutes ces données ! Quel gain de place et de portabilité ! C'est surtout par l'explosion de la scène techno que le Vjing a connu un véritable succès. Dans les clubs ou lors de festivals ou soirées plus pointues, la projection vidéo associée à l'environnement musical est devenue quasiment systématique. Il faut tout de même reconnaître qu'aujourd'hui, le Vjing reste plus le fait d'évènements undergrounds dans lesquels la dimension commerciale est souvent méprisée.
Le Vjing serait donc avant tout un art, bien loin des productions visuelles commerciales qui envahissent les clubs. Pourtant, certains Vj's cherchent à sortir leur discipline de ce carcan underground pour l'imposer dans l'univers du clubbing. La professionnalisation des Vj's n'est pas encore une évidence pour tous mais elle soulève certains débats comme par exemple le sens des images projetées. Faut-il que ces images aient un sens ou faut-il rester dans la pure lignée techno qui vide de sens ses compositions pour laisser le choix de l'interprétation à l'auditeur ou spectateur. Certains Vj's poussent même le débat jusqu'à s'engager politiquement à travers leurs images pour réveiller le citoyen-clubber et lui faire prendre conscience d'une certaine réflexion politique. Le club ne serait donc plus le temple de la consommation mais un média destiné à bousculer les consciences. Quoiqu'il en soit, le Vjing a encore de beaux jours devant lui et en est encore certainement à ses débuts. Preuve en est avec pour la première fois au SIEL (Salon professionnel des Univers du Spectacle et de l'Evènement) cette année, un espace entièrement dédié à cette discipline. La formule Dj+Vj séduit de plus en plus de clubs et de
bars mais la professionnalisation et le coût du “Visuel Art” restent encore tabous. Pourtant il s'agit bien là d'un métier alliant compétences techniques et créativité, deux notions derrière lesquelles se cachent de nombreuses heures de travail.
Un grand merci à Dj Angie pour ce dossier.
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